Guide ICO partie 2 : L’évaluation des Tokens

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Dans la partie 1 les différents types de tokens ont été évoqués. Cette fois-ci la valorisation des tokens d’application est à l’honneur.

Les tokens spécifiques à une application peuvent être modélisés non comme monnaies mais en tant qu’entités économiques. En s’appuyant sur les modèles économiques et de flux de trésorerie existants aujourd’hui, le juste prix peut être défini. Lorsque nous considérons les tokens comme des actions d’une société cotée à des fins d’évaluation 3 caractéristiques sont mises en valeurs:

  1. Dividendes
  2. Rachats
  3. Évaluation des prix

Pour l’évaluation des prix, l’exemple de la start-up de stockage décentralisé Storj Labs est très parlant. Ses tokens ne paient aucun dividende, et il n’y a pas de rachat. Cependant, si le protocole est largement adopté, la valeur des tokens Storj augmente. Une évaluation simple dans ce cas serait d’analyser la part de marché de Storj et de la diviser par le nombre total de tokens existant. La tendance la plus récente est d’utiliser le revenu gagné pour payer les détenteurs de tokens, comme un dividende. Traditionnellement, les grandes entreprises utilisent à la fois des dividendes et des rachats comme moyen de retourner le capital aux investisseurs mais les ICOs optent habituellement pour une des deux méthodes. Le principe est donc l’équivalent du bénéfice «excédentaire» de sociétés cotées qui est redistribué aux actionnaires. Par contre Augur (société de prévision) a adopté des caractéristiques propres aux dividendes pour ses tokens, appelés «réputation» (REP). Tous les revenus générés sont distribués aux détenteurs de REP. Les revenus augmentent proportionnellement à sa capitalisation. Contrairement à d’autres projets, cette décision d’allocation de capital se fait via des contrats intelligents, sans aucune intervention humaine, ce qui facilite sa valorisation.

Sur le plan économique, les dividendes et les rachats sont similaires. L’estimation de la taille du marché peut être « top-down » (du haut vers le bas) ou « bottom-up » (du bas vers le haut). Comme exemple, considérons encore Storj (rappel: projet axé sur le stockage de données). Dans l’approche « top-down », on commencerait par la taille totale du marché, qui dans ce cas concerne le marché du stockage de données. Ensuite, la part de marché que Storj peut capter est estimée. Dans l’approche « bottom-up », le taux de croissance de ce marché serait quant à lui estimé une fois que l’estimation de la part de marché de Storj est établie. Parfois, une combinaison de ces approches devra être utilisée. S’attaquer à la taille du marché lui-même peut être difficile. Les investisseurs doivent consulter les informations des entreprises existantes. Dans l’exemple du stockage, on peut examiner les données de Dropbox et Box, deux entreprises déjà existantes valorisées à plusieurs milliards de dollars. À partir de là, nous pouvons faire une estimation sur les parts de marché qui peuvent être captées par une solution comme Storj. Dans le cas de SingularDTV, qui a recueilli 7,5 millions de dollars dans son ICO l’année dernière, les investisseurs ont supposé qu’un documentaire générerait 200 000 vues, chaque vue étant payée 2,60 usd. Il s’agit d’une approche « bottom-up » typique où les composants individuels sont évalués, puis la valeur de l’ensemble de l’entreprise est estimée. Une fois que les estimations de la taille du marché et des bénéfices sont obtenues, les investisseurs peuvent utiliser des cadres d’évaluation de base comme un modèle de réduction de dividende, qui donne une valeur actuelle basée sur les bénéfices et les dividendes projetés, ou un modèle d’évaluation relative qui compare un écosystème cryptographique aux entreprises déjà existantes (comme le cas Storj VS Dropbox). Chaque partie doit être modélisée séparément pour arriver à l’évaluation finale des tokens. Un facteur important à prendre en compte lors de leur valorisation est qu’ils présentent naturellement un risque élevé. L’hypothèse de la continuité de l’activité doit être considérée afin de valoriser les tokens aussi en fonction de leur durée de vie.

Le caractère interdépendant des projets est un défi majeur: Il y a un certain niveau de risque systémique associé aux marchés des cryptos où la diversification n’existe quasiment pas. La plupart des protocoles sont basés sur l’infrastructure d’Ethereum, un projet sera donc affecté par des événements qui se produisent sur sa structure, comme par exemple une attaque sur le réseau. À mesure que les couches de l’écosystème s’accumulent, le risque de dépendance s’accroît. La corrélation entre les prix des tokens des projets basés sur Ethereum est le prix de l’Ether est avérée. Par conséquent, les investisseurs assument à la fois des risques spécifiques aux projets et des risques de marché lorsqu’ils investissent dans ce secteur.

Les méthodes citées ne sont pas exhaustives, il n’existe pas encore de méthode « officielle » de valorisation de token. Ce marché est encore nouveau est en constante évolution. Chaque projet peut avoir une méthode d’évaluation différente. Généralement la méthode utilisée est détaillée dans le livre blanc de chaque projet avant son ICO. Il se peut qu’une société de gestion arrive à modéliser le « token pricing » de façon standardisée. Cependant en l’état actuel, le marché crypto est assez hermétique à la règlementation. C’est en même temps ce qui fascine et rebute beaucoup de crypto enthousiastes.

Références : Storj, SingularDTV

Image : Blockgeeks

Suivre Storj sur Twitter : @storjproject

Suivre SingulaDTV sur Twitter : @SingularDTV

Shay Mizuno
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Shay Mizuno

Co-fondatrice de Clientconnect by Tagg agence de conception de chatbots (www.clientconnect.com). Passionnée par la blockchain et les crypto-monnaies.
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